Les paradoxes du vélo

Les paradoxes du vélo

Le vélo est un objet que nous connaissons tous, voire que nous utilisons ponctuellement ou dans la vie quotidienne. Pourtant, son histoire est faite de paradoxes. Nous vous proposons d’en découvrir quelques-uns.

En équilibre sur 2 roues

On doit à Karl Drais une « machine à courir » en 1817 : un individu est positionné sur un siège entre 2 roues et, pour se déplacer, il pousse alternativement des pieds sur le sol. Avec cette draisienne (un objet toujours commercialisé, notamment à destination des enfants avant qu’ils ne soient en âge de faire du vélo) l’on va à l’encontre l’idée selon laquelle on ne peut trouver l’équilibre avec seulement 2 roues.

D’ailleurs, l’équilibre vient du mouvement et, à l’arrêt, l’utilisateur doit accepter d’être en déséquilibre. Cela peut sembler évident aujourd’hui, mais cette invention est déterminante dans l’histoire du vélo !

La vitesse et la lenteur

Moyen de transport souvent le plus efficace en milieu urbain (devant les piétons, les transports en commun, la voiture ou… le cheval au début de son histoire…), la bicyclette perd de son efficacité en dehors des villes où les automobiles et trains, entre autres, permettent de se déplacer à des vitesses bien supérieures !

La bicyclette, une affaire de classes

Quels groupes sociaux pratiquent le vélo ? La réponse varie énormément au fil du temps. Le prix des premiers vélos étant élevé, c’est d’abord la bourgeoisie qui s’entiche de la bicyclette.

Lors de la première moitié du XXe siècle, le vélo se répand dans toute la société, avec pour usages le déplacement domicile-travail ou le transport des enfants ou des marchandises. Bref, la bicyclette est en moyen accessible au plus grand nombre (donc à une large classe populaire) pour se déplacer librement.

Lors des 30 Glorieuses, l’utilisation du vélo utilitaire chute, concurrencée en France par les cyclomoteurs et la voiture (on entre dans une phase du « tout automobile »). Plébiscitée il y a quelques dizaines d’années par les ouvriers, la bicyclette se voit reléguée par ceux-ci.

Le vélo connait depuis environ 20 ans (la date varie selon les villes et les pays) un retour en grâce, dans les centres-villes de certaines villes françaises. Son côté pratique, sa rapidité (en comparaison avec les autres modes de transport en milieu urbain), les préoccupations écologiques et les bénéfices pour la santé, permettent au vélo d’être réapproprié par les étudiants et les habitants des centres des villes (groupes sociaux plus aisés).

Bref, de la bourgeoisie aux « bobos » (pour caricaturer) en passant par les classes populaires, l’histoire du vélo a concerné bien des groupes sociaux !

Sempé a d’ailleurs résumé ainsi l’histoire de la mobilité : http://carfree.fr/index.php/2009/11/05/breve-histoire-de-la-mobilite/

En savoir plus :

  • Le Retour de la bicyclette : une histoire des déplacements urbains en Europe de 1817 à 2050, de Frédéric Héran, La Découverte, 2014
  • Le Pouvoir de la pédale : Comment le vélo transforme nos sociétés cabossées, d’Olivier Razemon, Rue de l’échiquier, 2014

 


(c) Can Stock Photo

Les transports "propres"

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